Je suis Michelle RISSETTO, présidente fondatrice de l'association.

"Le chagrin est une sorte de chat sauvage, de couleur grise. Son cri est plutôt triste et lugubre. Il faut se mettre à plusieurs pour en venir à bout.

Car, tout seul, on arrive mal à chasser le chagrin."

Je ne suis qu'un petit bout de femme que la vie a blessé énormément dans son enfance… J’ai eu la chance de rencontrer l'homme de ma vie, il y a quarante-quatre ans. Nous avons eu sept enfants. Malheureusement, l'un d'eux est devenu un ange... Nous avons six belles petites filles et un petit fils. Je suis malade mais je me soigne! En revanche, j'adore la vie alors je me bas!

Je n'ai rien dit à mon futur mari. Non, surtout pas! Le premier n'a plus voulu de moi. Donc j'ai fermé à triple tour, dans un coin de ma mémoire, toute cette douleur, mais j'étais toujours coupable.

Les années ont passées. Ma douleur, elle, elle est toujours là, au plus profond de moi...

J'ai des enfants, sept en tout, mais l'un d'eux est parti chez les anges... Une douleur de plus mais je résiste.

En 1996, monsieur, que je n'appelle plus que mon géniteur dans ma tête, est arrêté. Il a fait des attouchements sur ma nièce. La petite porte dans ma tête commence à s'ouvrir . Lors du procès je ne dis rien... Mon dieu, ma mère est perdue. Elle a un début d'Alzheimer. Je ne peux pas la faire souffrir, impossible, je ne dis rien. Il est condamné à 13 ans! Enfin il est puni pour ma nièce et pour moi! Je n'ai rien dit... En l'an deux milles, je reçois un courrier de lui : méchant, cruel et abjecte. Mon mari est là... Je l'appelle et je lui dis tout! Effondrement de toute la famille... Explications et thérapie car je suis toujours coupable, il m'aimait tant. Il a fallu toute la patience de ce médecin pour me faire comprendre, à moi, qui ai 45 ans que je suis une victime. Une immense victime de cet homme, de celui qui m'aimait tant, qui m'a violée pendant douze ans. Ma douleur est devenue insupportable. Elle était restée trop longtemps dans sa petite case. Mon mari était toujours là. Il m'aimait toujours. C'était encore possible malgré mon non-dit depuis ces années. Je ne lui ai pas caché m'a t'il dit, j'ai refusé de voir tout ça tout simplement... Mes enfants se sont tous réunis autour de moi. J'ai enfin pu me regarder dans une glace sans le voir, lui, le monstre. Il n'y a pas si longtemps, j'ai su que ma mère avait toujours entendu mais avait refusé de voir, de m’aider. Ma mère m'a laissée seule avec lui alors qu'elle était au courant... Mon dieu, une souffrance de plus... Le monstre est mort il y a 11 ans et pour moi ce fut un jour de fête et non de deuil. Ma mère, elle, a préféré l'oubli dans cette maladie d' Alzheimer. Je m'occupe d'elle. Elle ne me reconnait plus mais je ne pouvais pas la laisser sans rien faire, je suis son tuteur. Même si elle... n'a jamais était là pour moi. Une seule fois, elle m'a dit je t'aime c'était en 2002 depuis plus rien . Elle ne parlait plus… Elle était en fin de vie. Que me reste t 'il maintenant? Et bien, une douleur sournoise qui surgit de temps en temps. Ce qui compte aujourd'hui, c'est que j'ai créé avec mon mari une famille, ma famille. Et comme m'a dit mon psy : c'est le plus beau des cadeaux que je pouvais me faire! Ma mère est décédée il y a plus quatre ans ... Voilà mon histoire... Mais ma vie ne fait que commencer car je VIS. j’’ai écrit mon livre. Il est publié. Il est pour mes enfants, mes amis et tous ceux qui voudront le lire !                                             

Michelle

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